Déchets biomédicaux vétérinaires Le PRAPS2-SN instaure une gestion sécurisée au Sénégal
Dans les zones pastorales du Sénégal, une pratique longtemps négligée prend un nouveau tournant. Le Projet régional d’appui au pastoralisme au Sahel – Phase II (PRAPS2-SN) a mis en place un dispositif complet de gestion des déchets biomédicaux (DBM) issus des campagnes de vaccination animale, marquant une avancée significative pour la santé publique et la protection de l’environnement.
Seringues usagées, aiguilles contaminées, flacons de vaccins vides…après chaque campagne de vaccination du cheptel, les agents vétérinaires se trouvaient confrontés à un défi récurrent, celui d’éliminer des déchets biomédicaux (DBM) dangereux sans infrastructure adaptée. Faute de solutions, ces résidus finissaient souvent enfouis dans des zones non sécurisées, brûlés de manière artisanale ou mélangés aux ordures ménagères. « Après les campagnes de vaccination, nous avions de sérieux soucis pour détruire les déchets biomédicaux. Or, ces déchets nécessitent une bonne prise en charge, sans quoi ils peuvent représenter un danger pour les humains, les animaux et l’environnement », alerte le Dr Moutar Seydi, chef du service de la pharmacie vétérinaire au Ministère de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Élevage (MASAE).
Les situations de fortune décrites sur le terrain illustrent l’ampleur du problème. À Bogal, le poste vétérinaire dépendait de l’incinérateur d’une infirmerie locale. À Bonna, un brûleur artisanal avait été bricolé avant que ses risques ne soient signalés. « Ces déchets étaient souvent jetés à même le sol ou enfouis dans des zones inadaptées, exposant les populations à des risques sanitaires considérables », témoigne Moussa Traoré, chef du Service départemental de l’Élevage de Bounkiling.
Une réponse structurée
Face à ce constat, le PRAPS2-SN a déployé une approche globale articulée autour de trois axes : la formation des agents, la fourniture d’équipements de collecte et la mise en place d’un système de traitement homologué. Des sessions de renforcement de capacités ont d’abord été organisées pour former les personnels vétérinaires au tri, à la catégorisation et aux bonnes pratiques de gestion des DBM. « Cette formation a permis de renforcer les capacités des agents sur la catégorisation, le tri et la gestion des déchets biomédicaux », souligne le Dr Mame Diarra Ndiaye, Directrice régionale de l’élevage de Diourbel. Pour le traitement, le projet a privilégié des procédés conformes aux normes environnementales et sociales en vigueur. « Toutes les activités du PRAPS2-SN doivent se faire en conformité avec le cadre environnemental et social. Nous avons opté pour la banalisation et l’autoclavage des déchets biomédicaux », explique Ndèye Diop Ndiaye, experte en sauvegarde sociale du projet.
Pour concrétiser cette ambition, le PRAPS2-SN a conclu un partenariat avec la société Cathéter, agréée à la fois par la Direction de l’environnement et des établissements classés et par le Ministère de la Santé et de l’Action sociale. Après un premier contrat de deux ans, un avenant signé le 22 septembre 2025 a permis de prolonger les opérations de collecte et de traitement.
Le bilan est éloquent avec plus de 1 417 kilogrammes de déchets biomédicaux collectés et traités depuis le lancement de cette seconde phase.
Au-delà des seuls services vétérinaires, c’est toute la chaîne sanitaire des zones rurales qui bénéficie de cette initiative. En sécurisant l’élimination des déchets issus des soins animaux, le PRAPS2-SN contribue à protéger les populations, les troupeaux et les écosystèmes locaux. Cette action confirme l’engagement du projet à promouvoir un pastoralisme à la fois moderne, résilient et respectueux des normes environnementales et sanitaires. Une vision indispensable dans un contexte sahélien où les équilibres écologiques et humains restent fragiles.
Pour rappel, cette démarche s’inscrit dans le cadre du Plan de gestion des pestes et produits dangereux (PGPPD) et du Plan d’engagement environnemental et social (PEES) du PRAPS2-SN, deux instruments de sauvegarde élaborés conformément aux exigences de la Banque mondiale.
