sur le terrain, le ministre Ousmane Diagne à l’écoute des acteurs et au cœur des réalisations du PRAPS2-SN
De Linguère à Podor, en passant par Matam et Saint-Louis, le ministre auprès du Ministre de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Élevage, chargé de l’Élevage, Ousmane Diagne, a effectué une tournée de terrain dans la zone agrosylvopastorale. Une immersion au contact des éleveurs, des agropasteurs, des professionnels de la filière et des bénéficiaires des investissements du Projet régional d’appui au pastoralisme au Sahel (PRAPS2-SN).
La tournée a débuté à Linguère, dans le département du même nom, où le ministre s’est rendu à la rencontre des acteurs de l’élevage pastoral. Cette visite, entamée le mardi 18 août 2026, avait un double objectif : apprécier l’état d’avancement des réalisations relevant de son département et recueillir, directement auprès des bénéficiaires, les contraintes qui persistent dans une zone à fort potentiel pastoral. Au cours de cette étape, plusieurs infrastructures et sites stratégiques ont été visités, notamment le Centre de recherches zootechniques (CRZ), le Centre national d’amélioration génétique (CNAG), le Haras de Dahra, une parcelle fourragère ainsi que le Ranch de Dolly.
À Linguère, un abattoir pour moderniser la filière viande
La délégation ministérielle a également fait étape à l’abattoir de Linguère, réalisé dans le cadre de la phase 2 du PRAPS2-SN pour un montant de 65 242 625 FCFA.
L’infrastructure a été conçue pour améliorer les conditions d’abattage et de préparation des carcasses, tout en renforçant la sécurité sanitaire des viandes destinées à la consommation. Elle ambitionne également de contribuer à l’amélioration des conditions de travail des professionnels, à la valorisation de la qualité des produits issus de la boucherie et au développement de la commercialisation du bétail et de la viande.
Bâtie sur un terrain clôturé de 2 500 m², l’aire d’abattage comprend un parc de stabulation, une salle de travail destinée aux bovins et aux petits ruminants, une triperie-boyauderie, un bureau pour le vétérinaire inspecteur, un bloc sanitaire ainsi qu’un local réservé aux déchets.
Au-delà des infrastructures, l’enjeu est aussi sanitaire et professionnel : faciliter l’inspection des carcasses, améliorer le suivi des opérations d’abattage et accompagner la modernisation d’une filière appelée à jouer un rôle important dans le développement de l’élevage.
Sinthiou Bamambé : la santé animale et la transformation laitière au cœur des échanges
La tournée s’est poursuivie à Sinthiou Bamambé, où le ministre a visité le poste vétérinaire réalisé avec l’appui du PRAPS. Implanté sur une superficie de 300 m², le poste dispose d’un bureau pour le chef de poste vétérinaire, d’un logement comprenant deux chambres, un salon, une cuisine et des toilettes, ainsi que d’un mur de clôture.
L’infrastructure a également bénéficié d’équipements techniques et bureautiques, ainsi que de matériel destiné à la conservation, aux interventions et à la protection des agents.
Le ministre s’est ensuite rendu à la mini-laiterie de la commune, construite dans le cadre de la première phase du PRAPS. Érigée sur un terrain clôturé de 2 500 m², l’unité comprend notamment une salle de réception et d’analyse du lait frais, une salle de pasteurisation, une salle de transformation et d’emballage, une salle de stockage et de conservation des produits finis, ainsi qu’un magasin et un bureau pour le gérant.
À l’issue de la visite, Ousmane Diagne s’est félicité de ces réalisations, qu’il considère comme des leviers de renforcement de la santé animale et de développement de la production laitière locale, en cohérence avec l’objectif de souveraineté alimentaire.
Le ministre a par ailleurs demandé à ses services de renforcer l’accompagnement des femmes transformatrices de la mini-laiterie, notamment pour l’acquisition de vaches à haut potentiel laitier et le développement de la culture fourragère. L’objectif est de consolider durablement la productivité et la viabilité de l’unité.
La délégation a ensuite visité la laiterie Dental Rewbé Fulbe Aynaabé, avant de rencontrer les éleveurs de la région de Matam. Ces échanges ont permis de recueillir les préoccupations des pasteurs et agropasteurs et de discuter des perspectives de développement de leurs activités.
À Médina Ndiathbé, Bakary Dramé illustre les potentialités de l’agropastoralisme
À Médina Ndiathbé, dans le département de Podor, la tournée ministérielle a pris une dimension particulière avec la visite de l’exploitation familiale de Bakary Dramé, devenue une référence locale en matière de production fourragère et d’élevage bovin.
Sur une superficie de 8 hectares, l’agropasteur a développé un modèle fondé sur la complémentarité entre cultures fourragères et élevage. Avec l’appui du PRAPS2-SN et de la FAO, il produit notamment du Maralfalfa, du Panicum, de la Luzerne et du Niébé fourrager.
L’accompagnement du PRAPS2-SN lui a notamment permis d’aménager un hectare de Maralfalfa, d’installer un système d’irrigation gravitaire alimenté par le fleuve Sénégal, ainsi qu’une pompe, un dispositif d’alimentation solaire et une clôture grillagée.
Aujourd’hui, son exploitation nourrit un cheptel de 250 bovins. « Grâce à cet appui, j’ai pu renforcer l’autonomie alimentaire de mon troupeau, produire près de 10 tonnes de compost par an pour fertiliser mes terres et réduire considérablement mes charges d’alimentation », témoigne Bakary Dramé.
Fort de ces résultats, l’agropasteur a poursuivi ses investissements. Ses cultures fourragères couvrent désormais 4 hectares, grâce notamment à l’efficacité de son système solaire d’irrigation.
L’exploitation dépasse désormais le cadre familial. Elle génère des emplois et des revenus pour plusieurs familles, avec deux ouvriers agricoles permanents et cinq journaliers.
Impressionné par cette expérience, le ministre Ousmane Diagne a demandé à ses services de renforcer l’accompagnement de l’exploitation, notamment à travers la mise à disposition de machines de compactage du fourrage et la construction d’un magasin de stockage.
Des investissements à consolider, des acteurs à accompagner
De Linguère à Saint-Louis, en passant par Matam et Podor, cette tournée aura permis au ministre chargé de l’Élevage de mesurer concrètement les acquis des programmes mis en œuvre sur le terrain. Abattoirs, postes vétérinaires, unités de transformation laitière, infrastructures pastorales, cultures fourragères et organisations communautaires témoignent de la diversité des interventions destinées à soutenir le secteur.
Mais au-delà des réalisations physiques, les visites ont surtout mis en lumière la nécessité d’assurer leur appropriation par les bénéficiaires, leur entretien et leur exploitation durable. En allant à la rencontre des éleveurs, des femmes transformatrices, des agropasteurs et des organisations communautaires, Ousmane Diagne entend ainsi inscrire son action dans une logique de proximité, d’écoute et d’accompagnement.
La consolidation de ces acquis apparaît désormais comme un enjeu majeur pour renforcer la productivité du cheptel, développer la production laitière et fourragère, améliorer la santé animale et contribuer, plus largement, à la souveraineté alimentaire et à l’amélioration durable des conditions de vie des populations pastorales.
