Marché à bétail de Bondji : plaque tournante du commerce du bétail au Sahel
À Bondji, dans la région de Tambacounda au Sénégal, chaque jeudi, le marché devient un véritable carrefour régional, attirant une multitude d’éleveurs et de commerçants de bétail venus non seulement de cette localité, des régions sénégalaises telles que Matam, Kaffrine, Diourbel et Saint-Louis, mais également des pays voisins comme le Mali et la Mauritanie. La foire hebdomadaire accueille environ 1 000 bovins et 2 000 petits ruminants. Ces chiffres grimpent lors des fêtes religieuses et des célébrations communautaires
L’infrastructure permet de sécuriser les animaux, d’offrir aux éleveurs des prix rémunérateurs et aux commerçants de réelles opportunités économiques, tout en générant des recettes destinées au développement communautaire. Par ailleurs, de nombreuses femmes y mènent des activités génératrices de revenus, notamment à travers la vente de denrées alimentaires et d’aliments du bétail. Il en est ainsi de Diari Diao, restauratrice, qui dit bénéficier pleinement de l’affluence du marché. « Cette clientèle me permet de réaliser de bonnes ventes chaque jeudi », confie-t-elle.
Le marché à bétail au cœur de cette vitalité économique est réalisé par le PRAPS-2 au Sénégal. « A la demande des acteurs, nous avons construit le marché à bétail des petits ruminants et réhabilité le marché des gros ruminants, en y installant des abreuvoirs, des forages solaires, des hangars, des quais d’embarquement et en réfectionnant les bureaux. Dès le début du processus, nous avons mis en œuvre l’approche d’ingénierie sociale visant à assurer l’appropriation de l’infrastructure par les bénéficiaires et sa durabilité », a soutenu Dr Alfred Diouf, Chef d’antenne du PRAPS-2 Sénégal à Kanel.
Dans le cadre de sa deuxième phase, le PRAPS-2 Sénégal prévoit la construction et la réhabilitation de quatre marchés à bétail supplémentaires dont deux sont déjà réceptionnés, venant s’ajouter aux huit infrastructures déjà réalisées lors de la phase initiale du projet. Financé à hauteur de 50 millions de dollars US par la Banque mondiale et l’État sénégalais, le projet vise à renforcer durablement la résilience des pasteurs et agropasteurs. Mis en œuvre sur la période 2022-2027, le PRAPS-2 SN consolide les acquis de sa première phase, réalisée entre 2015 et 2021 avec un budget de 30 millions de dollars US.
Dans ses six pays d’intervention (Burkina Faso, Mali, Mauritanie, Niger, Sénégal et Tchad), le PRAPS-2 s’emploie à réaliser 84 marchés à bétail, en plus des 102 infrastructures mises en place lors de sa première phase. Placé sous la coordination régionale du Comité permanent Inter-Etats de Lutte contre la sécheresse dans le Sahel (CILSS), le projet est financé par la Banque mondiale et les Etats participants à hauteur de 297, 73 milliards de francs CFA (517 millions de dollars US). Sur ses deux phases, le financement global à l’échelle régionale s’élève à 765 millions de dollars US environ, soit 439, 87 milliards de francs CFA.
Roger SANKARA
