𝐋’𝐢𝐧𝐠𝐞́𝐧𝐢𝐞𝐫𝐢𝐞 𝐬𝐨𝐜𝐢𝐚𝐥𝐞, 𝐜𝐥𝐞́ 𝐝𝐞 𝐫𝐞́𝐮𝐬𝐬𝐢𝐭𝐞 𝐝𝐞 𝐥𝐚 𝐠𝐞𝐬𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐝𝐮𝐫𝐚𝐛𝐥𝐞 𝐝𝐞𝐬 𝐢𝐧𝐟𝐫𝐚𝐬𝐭𝐫𝐮𝐜𝐭𝐮𝐫𝐞𝐬 𝐝𝐮 𝐏𝐑𝐀𝐏𝐒𝟐 𝐒𝐍

Dans la réalisation de ses infrastructures pastorales, le Projet Régional d’Appui au Pastoralisme au Sahel-Phase 2 au Sénégal (PRAPS- 2 Sénégal) associe les parties prenantes notamment les communes et populations bénéficiaires durant tout le processus, grâce à l’ingénierie sociale. Une approche inclusive et participative qui garantit une gestion durable de ces infrastructures cruciales pour l’élevage.

 

A Vélingara Ferlo, une localité située au  cœur de la zone sylvopastorale, les travaux de construction d’infrastructures d’élevage avancent à grands pas. Ces infrastructures en cours de réalisation sont l’œuvre du Projet Régional d’Appui au Pastoralisme au Sahel- Phase 2 au Sénégal (PRAPS2 SN) qui prévoit la construction dans sa zone d’intervention de nombreux ouvrages au profit des pasteurs et agropasteurs. Les infrastructures marchandes en cours de réalisation visent à offrir aux éleveurs un cadre moderne pour l’abattage et la vente des animaux, à  mieux structurer le secteur de l’élevage et à  répondre aux besoins croissants du marché local. « L’aire d’abattage moderne et le marché à bétail, bientôt opérationnels, permettront non seulement de faciliter les transactions commerciales, mais aussi d’améliorer la sécurité sanitaire et les conditions de travail des acteurs du secteur », relève Dr Alfred Diouf, Chef d’antenne de Kanel du PRAPS-2 SN.

D’un coût global de 187 millions de F CFA, ces deux infrastructures sont une aubaine pour les populations de la commune et au-delà. « Vélingara Ferlo est une zone d’agriculture et d’élevage qui compte une importante communauté de transhumants. C’est pourquoi, l’installation d’un marché à bétail et d’une aire d’abattage moderne constitue une opportunité pour les acteurs du secteur et les populations de manière générale. Pour la mairie, ces infrastructures permettront de collecter des recettes mais également de générer des emplois », souligne Mahmoud Bâ, conseiller municipal à la  mairie de Vélingara Ferlo.

 

Un modèle de gestion participative

 L’originalité de la démarche du PRAPS-2 réside avant tout dans l’approche inclusive et participative respectant les principes d’ingénierie sociale. Dans la réalisation des infrastructures du projet, l’aspect de Sauvegarde sociale occupe une place importante pour l’appropriation et la durabilité. « Les différentes parties prenantes sont consultées durant tout le processus. De la conception à l’exploitation des infrastructures en passant par la mise en œuvre», explique El Hadji Doudou Ndiaye, Expert en Sauvegarde sociale du PRAPS-2 SN. Plutôt que d’assurer directement la gestion des infrastructures, les collectivités locales bénéficiaires confient cette responsabilité à un Comité de gestion (COGES) regroupant différents acteurs locaux. Une démarche officialisée par la signature d’une convention de concession et d’un cahier de charges précis entre le Comité et la Mairie.

 Le succès de cette approche ne serait pas complet sans l’accompagnement d’opérateurs en ingénierie sociale liés au projet par un contrat de partenariat. Ces derniers ont mené une mission d’accompagnement visant à sensibiliser les acteurs locaux aux enjeux de la gestion collective, à définir des règles de fonctionnement claires et à établir des mécanismes de coordination efficaces entre les différents participants. L’ingénierie sociale a également joué un rôle essentiel dans la résolution de certains défis sociaux et culturels rencontrés lors de la mise en place de nombre d’infrastructures, favorisant ainsi l’adhésion de la population locale. « Notre rôle principal est avant tout d’amener tous les bénéficiaires de ces infrastructures et les parties prenantes à trouver un consensus sur les modes d’exploitation de ces ouvrages. Ce  qui nous a amenés dès le début à accompagner les acteurs durant tout le processus à s’organiser en mettant en place des comités et en s’accordant sur un mode de gestion. Après cela, des accords sociaux incluant le choix des sites, les tarifications, le mode d’exploitation et le mode de gestion, nous ont conduit à mettre en place des comités de gestion », indique Ndiankou Guèye, expert agroéconomiste du groupe d’ingénierie sociale SOTERCO, partenaire du PRAPS-2 SN.

 Pour regrouper des acteurs aux intérêts parfois divergents et surmonter certains blocages socio-culturels, les experts ont dû faire bon usage des techniques d’ingénierie sociale pour assurer une gestion efficace, inclusive, participante et transparente. « Pour y parvenir, l’équipe d’ingénierie sociale, accompagnée de responsables du projet, a procédé, dans un premier temps, à une prospection sur les différents sites devant abriter les infrastructures. Nous avons également visité des infrastructures réalisées lors de la première phase du  PRAPS- pour tirer les leçons de leur gestion. Ce qui nous a permis d’élargir les consultations à tous acteurs qui s’intéressent à ces infrastructures. Ainsi, les bouchers, les éleveurs, les marchands à bestiaux et les autorités locales  ont tous été conviés à ces rencontres pour assurer une gestion efficience et transparente de ces infrastructures. Nous avons également garanti une participation de 30% de femmes aux COGES. Une manière d’assurer leur participation active dans la gestion de ces infrastructures », renchérit M. Guèye.

Un avenir prometteur pour l’élevage pastoral

 Le rôle des COGES ainsi installés est de veiller à une gestion transparente et efficace des infrastructures, d’assurer leur entretien et de garantir que les activités se déroulent dans le respect des normes sanitaires et environnementales. Ce modèle de gestion participative, soutenu par l’ingénierie sociale est une règle observée dans l’implantation de toutes les infrastructures réalisées par le projet. Une approche inspirante pour d’autres projets ou structures étatiques.

 

 

 

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