LECONS APPRISES A L’ATELIER SUR LA TRANSHUMANCE ET LE COMMERCE DU BETAIL - OUAGADOUGOU 24-27 AVRIL 2018

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16 Nov 18
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Publié dans Dernières nouvelles

L’alimentation du bétail s’appuie sur un ensemble de ressources dont le dosage diffère selon la zone. En plus des pâturages naturels (herbes, arbres), on compte les résidus des récoltes, les herbes poussant dans les champs et aux alentours (les adventices), les sous-produits agro-industriels (graines de coton, tourteaux de coton ou d’arachide, mélasse, paille, fanes d’arachide ou de niébé, aliment de bétail concentré, pierre à lécher ou sel), les compléments alimentaires domestiques (restes d’aliments, sons, céréales, etc.)

Les pâturages naturels constituent la base de l’alimentation animale en zone pastorale, alors que la part des résidus de récoltes est plus déterminante en zone agropastorale ou agricole. De la même façon, en milieu urbain et périurbain, les sous-produits agro-industriels jouent un rôle essentiel dans les systèmes d’embouche. En plus des variations saisonnières des pâturages, les pluies ne sont jamais uniformes dans l’espace et le temps.

La dynamique de la végétation repose sur le triptyque : graine, eau, sol. La période végétative démarre en hivernage par la germination des graines pour donner un plateau herbacé (pâturage) vert, riche en sels minéraux, idéal pour l’alimentation animale. Les sources d’eau se multiplient : aux puits et forages, viennent s’ajouter une multitude de mares temporaires. C’est la période la plus propice pour la production animale (reproduction et production de viande et de lait).

En saison sèche, les herbes passent à la maturation complète : ils meurent et se transforment en paille, riche en cellulose, mais pauvre en sels minéraux. La saison sèche a de multiples effets négatifs sur les animaux : baisse de la valeur nutritive de la paille, contrainte d’eau, perte de poids, diminution de la production laitière, ralentissement de la reproduction, affaiblissement des animaux. L’estimation de la biomasse se fait en kg de matière sèche à l’hectare. Le tiers de ce fourrage seulement est mangé par les animaux. Autrement dit sur 1000 kg de matière sèche, 330 kg sont réellement utilisés par les animaux.

Les animaux ont besoin de consommer du fourrage parce que le bétail est constitué, en grande partie, d’espèces animales polygastriques, qui ont besoin de ruminer pour vivre (bovins, ovins, caprins, camelins). A défaut de fourrage grossier pour faciliter la rumination, les éleveurs ont recours parfois au carton (issu des arbres) pour jouer ce rôle. La rumination est donc le baromètre de la bonne santé chez les animaux ruminants. Elle exige cinq conditions : repos, bonne santé, alimentation suffisante, présence d’eau, fourrage grossier (herbes, paille, fourrage). Si le ruminant ne rumine pas, il meurt par asphyxie.

Dernière modification le vendredi, 16 novembre 2018 11:01