Le PRAPS Sénégal en campagne pour les réserves fourragères

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16 Nov 18
Écrit par Lu 163 fois
Publié dans Dernières nouvelles

La complexité de l'alimentation des animaux domestiques au Sahel est tributaire, en partie, des contraintes liées à l’environnement. Les feux de brousse ravagent une grande partie de l’herbe disponible. Les vents et autres phénomènes climatiques ne permettent pas toujours une disponibilité continue des ressources fourragères sur les parcours naturels pendant toute l’année.

La fenaison est donc souhaitable dans la mesure où elle permet de limiter les pertes de ressources fourragères et d'accroître simultanément la disponibilité du fourrage. La constitution de réserves fourragères est une nécessité pour améliorer les chaines de valeur et sécuriser l'alimentation des catégories d'animaux vulnérables (vaches gestantes ou allaitantes, animaux malades, etc.) L'ampleur des difficultés à satisfaire les besoins fourragers des troupeaux en période de déficit est accentuée par la faiblesse des pratiques d'adaptation des communautés pastorales ou agropastorales. Et, lorsque les pratiques de stockage du fourrage existent, celui-ci n'est pas récolté au stade optimal et les conditions de conservation sont généralement mauvaises.

Pour pallier ces contraintes, le PRAPS-SN a organisé des formations pratiques en techniques de fauche et de conservation du fourrage. Ces formations ont permis de renforcer les capacités d'adaptation et de planification des éleveurs leur permettant d’améliorer la disponibilité du fourrage. Lors de ces formations en techniques de constitution de réserves fourragères, il a été rappelé que, quelle que soit la qualité de l'herbe (foin ou paille), la fauche doit se faire avec un équipement adéquat. Les pratiques courantes de collecte de la paille de brousse avec un râteau contribuent à réduire la qualité du fourrage, par la défoliation et la souillure, avec de la bouse de vache, par exemple. Il a été recommandé, en plus d’un schéma de gestion durable des motofaucheuses, de s'assurer de la disponibilité de l'équipement de fauche nécessaire.

Pour joindre la pratique à la théorie, le PRAPS a appuyé l’organisation d’une grande campagne de fauche et de conditionnement des ressources fourragères durant la bonne période au niveau de 10 sites bénéficiaires de motofaucheuses (octobre-novembre). Le choix de la période est important pour réussir les objectifs de fauche de l’herbe en très grande quantité, avec en bonus, la qualité La campagne de fauche a donc donné une importance particulière au calendrier local des activités hivernales compte tenu des recommandations formulées lors des formations en techniques de constitution des réserves fourragères de l’année dernière. Il s’agit d’une période durant un mois à 45 jours, entre la fin des opérations culturales et le début de la période de récolte.

L’objectif général de cette campagne de fauche et de constitution de réserves fourragères est d’impulser une dynamique de fauche et de conservation des fourrages à la bonne date à travers l’équipement d’unités bénéficiaires de motofaucheuses. Sur chaque site retenu, la campagne se déroule en deux journées. Ce séquençage est fait pour une bonne démonstration car le fourrage, après la fauche à l’état frais, a besoin d’un temps de fenaison pour atteindre un taux d’humidité permettant sa conservation au niveau des hangars.

La première journée de fauche est donc menée avec les populations sur un seul site avec une démonstration en fenaison. La deuxième journée est réservée au bottelage et au stockage au niveau des hangars. Les hangars étaient préparés lors de la mission de sensibilisation. Les opérations ont consisté à faire les bottes avec les deux options de bottelage en présence de tous les bénéficiaires engagés dans les opérations de fauche et de conservation des fourrages.

Le PRAPS a aidé les pasteurs et agropasteurs impliqués dans les opérations à acquérir une botteleuse de grande capacité qui a permis de suivre tous les travaux de fauche et de s’assurer que tout le fourrage produit est mis en bottes. Le modèle utilisé est fabriqué localement par un artisan de Linguère (département couvert par le projet). C’est une boîte métallique qui fait des bottes de l’ordre de 12 à 15 kg. Il est porté sur une charrette en même temps que la motofaucheuse lors des opérations de fauche. Le projet a également aidé à acheter un modèle de corde approprié qui va permettre de nouer correctement les bottes. Les fournisseurs locaux ont été sensibilisés sur ce modèle de corde en rouleau, pour éviter les éventuelles ruptures. Un autre modèle de caisson portable a été aussi acquis par le projet pour les individus qui désirent pratiquer la fauche manuelle.

A la fin de la campagne, les équipes chargées d’encadrer les éleveurs et agropasteurs vont fournir les statistiques concernant la quantité de fourrage récolté, la longueur des pare-feu nettoyés, le nombre de personnes formées dans le processus ainsi que le nombre de personnes sensibilisées directement par les animateurs du PRAPS ou les techniciens des ministères de l’Elevage et de l’Environnement.

La campagne de fauche a été soutenue par un vaste programme d’information et de communication sur l’importance de la fauche et de la conservation des fourrages. Des réunions d’information et de sensibilisation ont été organisées à l’intention des éleveurs et agropasteurs de chaque zone pour préparer la campagne. Les radios communautaires partenaires du PRAPS ont été mises à contribution pour la pré-campagne, la campagne et l’après-campagne. Des messages et des émissions ont été diffusés sur les bonnes pratiques en matière de récolte, de conditionnement et de conservation des fourrages avec la participation des vétérinaires et des techniciens de l’environnement. Des dispositions ont été prises par rapport à la situation alimentaire du cheptel pour éviter ce qui s’est passé l’année dernière où le bétail s’est trouvé dans une situation très difficile face à un déficit fourrager de grande ampleur. Avec les intempéries du 27 juin 2018, le Sénégal avait ainsi perdu des centaines de milliers de têtes de bétail.

Le chef de poste vétérinaire et l’animateur PRAPS de chaque site ont mené des séances préparatoires de la campagne de fauche en vue d’informer les populations. En même temps, ils ont procédé au ciblage correct des sites de fauche avec les bénéficiaires, discuté de la période favorable avec les communautés et effectué une programmation rigoureuse permettant d’atteindre les objectifs de la campagne.

Dernière modification le vendredi, 16 novembre 2018 11:02