Le PRAPS contre les faux médicaments, les médicaments périmés et l’automédication

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16 Nov 18
Écrit par Lu 310 fois
Publié dans Dernières nouvelles

Assainir les politiques nationales de santé animale par l’utilisation rationnelle et responsable des médicaments vétérinaires. Tel est l’objectif de la feuille de route adoptée à Dakar, au Sénégal, par les six pays bénéficiaires du Projet régional d’appui au pastoralisme au Sahel (PRAPS). A l’issue de cette démarche qui tient lieu de recommandation, la Composante régionale de la Santé animale, exécutée en partenariat avec l’OIE, sous les auspices du CILSS, ambitionne d’encourager les pays du PRAPS à se doter de dispositifs conséquents de contrôle des médicaments vétérinaires.

La feuille de route retenue à cet effet connaitrait son épilogue le 31 août 2019, avec la validation politique du Plan stratégique nationale des médicaments vétérinaires (PNS-MV). Ce processus démarre par la restitution de la formation reçue à Dakar, la rédaction participative du document martyr (draft) et la validation technique dudit document aux environs du 30 juin 2019.

La Session régionale de formation des responsables en charge des plans et dispositifs de contrôle des médicaments vétérinaires y relative, a été organisée par la Coordination régionale de la Composante santé animale du PRAPS, du 1er au 05 octobre 2018 à l’hôtel Lagon 2, à Dakar (Sénégal). 24 participants, originaires des pays du PPRAPS ont pris part à cette session de formation. Celle-ci avait pour objectif de former les responsables en charge du MV dans les pays du PRAPS sur le maintien, le renforcement et la mise en place dun plan et d’un dispositif de contrôle des molécules destinées à la santé animale, y compris les vaccins.

De façon plus spécifique, cette formation devait permettre de renforcer les compétences des apprenants sur les bases glementaires et les dispositifs de contrôle de quali et de surveillance du MV. Il devait également permettre de renforcer les compétences des participants sur lorganisation institutionnelle et fonctionnelle des plans et dispositifs de contrôle ainsi que sur linspection et le contrôle du MV à travers les activités d’un laboratoire de contrôle.

Dune manière générale, un système dinspection pharmaceutique efficient s’appuie sur trois critères complémentaires : une base glementaire solide couvrant toutes les activités du MV et prévoyant les sanctions administratives et pénales en cas dinfractions ou de lits ; une organisation institutionnelle cohérente, solide et un processus cisionnel fondé sur des bases scientifiques et/ou normatives (ressources humaines et financières appropriées, indicateurs de performance).

Pour joindre la pratique à la théorie, chaque participant a été suffisamment outillé pour être en mesure d’élaborer un plan d’action et une feuille de route budgétisée. Et pour finir, les participants ont pris l’engagement de partager les connaissances et les compétences acquises à Dakar, à travers des sessions de restitution dans leurs pays respectifs. En plus des Services vétérinaires, ces restitutions devraient concerner, entre autres entités, les services du commerce intérieur, des finances, de la gendarmerie, de la police et des douanes.

Au nom des ministres en charge de l’élevage des pays PRAPS, la séance inaugurale a été présidée par le Dr Ibrahima Niang, Coordonnateur du PRAPS Sénégal. Pour lui, la santé animale est une des composantes clés qui contribuent au bien-être animal, à la sécurité alimentaire et à la sécurité sanitaire des aliments. Elle détermine donc, dans une large mesure, la santé humaine ; surtout si l’on sait qu’au moins 75 % des maladies infectieuses émergentes proviennent des animaux. L’un des moyens pour garantir la santé des animaux est le recours aux médicaments vétérinaires y compris la vaccination. Or, soutient le Dr Niang, avec la libéralisation des marchés en Afrique, la filière du médicament vétérinaire a connu une multiplication des opérateurs et une diversification de l’origine des produits avec, comme conséquence directe, une baisse globale de la qualité des médicaments.

C’est pourquoi, a ajouté le Coordonnateur du PRAPS Sénégal, le souci de nos gouvernements respectifs est de travailler à la préservation de l’environnement et de la santé publique vétérinaire par l’harmonisation des législations pharmaceutiques vétérinaires et le contrôle de l’usage des produits pharmaceutiques et des vaccins. Dans l’idéal, renchérit le Pr lfaroukh Oumar Idriss, chaque pays devrait disposer de textes législatifs régissant l'importation, la fabrication, l’entreposage, la distribution et l'utilisation de ces produits. Il devrait également être possible de réaliser, à tout moment, des contrôles sur toute la chaîne d’utilisation des produits vétérinaires. Ces contrôles devraient être réalisés par des structures ou des institutions habilitées selon des procédures standardisées, respectant les normes de fabrication, de commercialisation et de consommation ou d’administration.

C’est le moment saisi par le Dr Niang pour présenter les hommages et les remerciements des Gouvernements du PRAPS à l’Organisation mondiale de la santé animale (OIE) qui œuvre sans relâche, à côté de l’OMS et de la FAO pour un monde où la santé de l’animal, de l’homme et de l’environnement est indissociable. Les questions relatives à la pharmacie vétérinaire sont d’une importance stratégique pour des pays comme les nôtres qui souffrent d’un déficit remarquable dans des domaines comme le contrôle et la surveillance des aliments et produits vétérinaires, la délivrance d’autorisations relatives aux médicaments vétérinaires ainsi que l'inspection des établissements pharmaceutiques vétérinaires et le système de pharmacovigilance.

Il est heureux de constater, a conclu le Pr Idriss que, dans une grande mesure, nous pouvons compter sur l’expertise de l’OIE en matière de coopération internationale sur l’harmonisation des exigences techniques applicables à l’homologation et l’enregistrement des médicaments vétérinaires.

Dernière modification le vendredi, 16 novembre 2018 10:35